Réduire les retours en paiement à la livraison : quatre couches, de la publicité au colis refusé

Un colis refusé coûte deux fois. Quatre couches pour réduire les retours COD, de la promesse faite dans la publicité à l’analyse du refus, avec ce que la loi 18-05 impose, sans chiffres empruntés.

Publié le Règles contrôlées le 5 min de lecture

Quatre colis blancs liés d’un ruban doré sont empilés en gradins sur un plan clair, du plus grand en bas au plus petit en haut, avec une plante verte à côté

Un colis refusé coûte deux fois : l’envoi, puis le retour. Et il a mobilisé du stock, une publicité, un appel, un livreur. Le bon réflexe n’est pas de chercher une astuce, mais de regarder à quel endroit de la chaîne vous perdez la commande. Il y en a quatre. Voici chacune, avec ce que la loi sur le commerce électronique exige et ce que vous pouvez mesurer.

Couche 1 : la promesse, avant la commande

Le refus à la porte commence souvent dans la publicité. Un prix sans les frais de livraison, une photo qui ne ressemble pas au produit, un « livraison 24 h » qui ne tient pas : le client commande une chose et reçoit une autre.

  • Affichez le prix total, livraison comprise. La loi demande d’ailleurs que l’offre indique les prix toutes taxes comprises, la disponibilité, et les modalités, frais et délais de livraison (art. 11).
  • Ne promettez que ce que vous tenez. Un délai honnête vaut mieux qu’un délai rapide qui échoue.
  • Décrivez le produit tel qu’il est, avec des photos prises par vous, les tailles, les matières.
  • Ne validez pas ce qui n’est pas en stock : la loi l’interdit (art. 24).
  • Côté publicité, voyez le guide Meta Ads pour l’e-commerce : une publicité qui attire des curieux remplit votre colonne « refusés ».

Couche 2 : le formulaire et la confirmation

La loi 18-05 impose trois étapes à la commande : les conditions sont mises à disposition, le client vérifie les détails (produits, prix unitaire et total, quantités) et peut modifier, annuler ou corriger, puis il confirme explicitement (art. 12). Un formulaire qui respecte ces étapes réduit déjà les commandes faites par erreur.

  • Un formulaire court, qui demande le téléphone, la wilaya, la commune et l’adresse, et qui affiche le récapitulatif avec le total avant l’envoi.
  • L’appel de confirmation : un « oui » explicite avant d’expédier. Les scripts sont ici : appel de confirmation en français et en darija.
  • Une commande dont le numéro est faux, ou que personne n’a passée, ne doit pas partir : si vous livrez un produit non commandé, vous ne pouvez exiger ni son prix ni les frais de livraison (art. 21).

Couche 3 : la livraison

Une partie des retours n’est pas un refus du client, mais un échec de livraison : adresse imprécise, livreur injoignable, délai trop long, wilaya mal couverte.

  • Choisissez le transporteur sur vos propres colis, pas sur un tableau de prix : la méthode de comparaison explique comment tester.
  • Une adresse utilisable : commune, quartier, repère, second numéro (c’est pourquoi le script les demande).
  • Un accusé de réception : à la livraison, le e-fournisseur doit exiger un accusé de réception, que le client ne peut refuser de signer, avec copie remise (art. 17). C’est votre preuve que le colis a bien été remis.
  • Si le colis arrive en retard, le client peut le renvoyer en l’état dans les 4 jours ouvrables suivant la livraison (art. 22) : un retard se paie deux fois.
  • Si le produit est non conforme ou défectueux, vous devez le reprendre : le client le renvoie dans son emballage d’origine sous 4 jours ouvrables, à vos frais, et vous devez livrer à nouveau, réparer, échanger ou rembourser sous 15 jours après réception (art. 23). Un contrôle de qualité avant l’envoi coûte moins cher que cette procédure.

Couche 4 : après le refus

Un refus est une information, pas seulement une perte.

  • Notez le motif à chaque retour : n’a pas répondu, adresse introuvable, a changé d’avis, produit différent de la photo, ne l’avait pas commandé, trop cher à la livraison. Quelques catégories suffisent.
  • Regardez par couche : beaucoup de « n’a pas répondu » pointent vers la couche 2, beaucoup de « différent de la photo » vers la couche 1, beaucoup d’« adresse introuvable » vers la couche 3.
  • Remettez le produit en stock après contrôle, et comptez le coût du retour.
  • Gardez vos registres : la loi demande de conserver les registres des transactions et leurs dates et de les transmettre par voie électronique au CNRC (art. 25).

Mesurer sans inventer de chiffres

Nous ne donnons aucun taux « normal » de retours en Algérie : nous n’avons trouvé aucune source officielle, et nous ne recopions pas les chiffres des forums ou des blogs de concurrents. Mesurez les vôtres : commandes reçues, commandes confirmées, colis livrés, colis refusés, par produit et par transporteur. Le coût réel d’un colis livré se calcule avec la formule du coût par colis livré, et l’outil de rentabilité COD vous dit à partir de quel taux de refus vous perdez de l’argent.

Ce que nous n’avons pas pu confirmer

Le texte de la loi 18-05 que nous avons lu ne dit rien sur le refus sans motif, à la porte, d’un colis par un client qui avait confirmé sa commande, ni sur ce que le vendeur peut alors exiger : vérifiez avant d’écrire une règle dans vos conditions de vente. Nous n’avons pas non plus vérifié si tenir une liste de clients qui refusent et s’en servir pour refuser de futures commandes respecte la loi 18-07 sur les données personnelles. Pour les conditions du commerce en ligne et le statut d’auto-entrepreneur, voyez peut-on vendre des marchandises ?.

Sources et vérification

6 points vérifiés sur les textes, 2 encore à confirmer.

Sources consultées

Voir le détail point par point
  • Vérifié Le e-fournisseur ne doit pas valider une commande pour un produit non disponible en stock (loi 18-05, art. 24) ; l’offre doit indiquer les prix toutes taxes comprises, la disponibilité, les modalités, frais et délais de livraison (art. 11).
  • Vérifié La commande passe par trois étapes obligatoires dont la vérification des détails par le consommateur, qui peut modifier, annuler ou corriger, puis la confirmation explicite (art. 12).
  • Vérifié À la livraison, le e-fournisseur doit exiger un accusé de réception, que le consommateur ne peut refuser de signer, avec copie remise (art. 17). Un produit non commandé ne peut donner lieu à une demande de prix ni de frais de livraison (art. 21).
  • Vérifié En cas de retard de livraison, le consommateur peut renvoyer le produit en l’état dans un délai n’excédant pas 4 jours ouvrables à compter de la livraison effective, sans préjudice de sa demande de réparation (art. 22). Pour un article non conforme ou défectueux, le e-fournisseur doit le reprendre ; le consommateur le renvoie dans son emballage d’origine sous 4 jours ouvrables, frais à la charge du e-fournisseur, qui doit livrer à nouveau, réparer, échanger ou annuler et rembourser sous 15 jours à compter de la réception du produit (art. 23).
  • Vérifié Le e-fournisseur doit conserver les registres des transactions réalisées et leurs dates, et les transmettre par voie électronique au Centre national du registre du commerce (art. 25).
  • À vérifier Le texte lu ne dit rien sur le refus d’un colis à la porte, sans motif, par un client qui a confirmé sa commande. Ce que le e-fournisseur peut exiger dans ce cas (frais de livraison, indemnité) n’est pas établi ici : à vérifier avant d’écrire une règle dans vos conditions.
  • À vérifier La tenue d’une liste de clients ayant refusé des colis et son usage pour refuser de futures commandes : conformité à la loi 18-07 sur les données personnelles non vérifiée.
  • Vérifié Ce texte ne contient aucun taux de retour, de refus ou de confirmation propre à l’Algérie : nous n’avons trouvé aucune source officielle, et nous ne reprenons pas de chiffres de forums ou de blogs de concurrents.

Journal des corrections

  • : Première publication.

Information générale, pas un conseil juridique ou fiscal. Les textes peuvent changer : reportez-vous à la date de contrôle.

Confirmer auprès de la source officielle

Coordonnées publiées par les organismes eux-mêmes, relevées le 28 octobre 2026. Avant d’agir, appelez ou écrivez pour confirmer le point qui vous concerne, et gardez la réponse par écrit.

  • Ministère du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national
  • Centre national du registre du commerce (CNRC)