Créateurs UGC en Algérie : rédiger le brief et le contrat (droits, paiement, mention publicitaire) avec un modèle gratuit

Liste de contrôle du brief et contrat de cession de droits pour des vidéos UGC, d’après l’ordonnance 03-05 sur le droit d’auteur et la loi 18-05 sur la publicité, avec un modèle FR, AR et EN.

Publié le Règles contrôlées le 6 min de lecture

Deux mains tenant un téléphone pour filmer une tasse blanche éclairée par un anneau lumineux, avec un tissu vert et un bloc-notes avec un stylo doré à côté

UGC (contenu généré par les utilisateurs) désigne des vidéos et photos faites dans le style naturel d’un créateur, par exemple un déballage, une démonstration ou « une journée avec le produit », qu’une marque réutilise ensuite sur ses pages et dans ses publicités. Pour une petite boutique, c’est moins cher qu’un tournage en studio et cela colle souvent au style des plateformes sur téléphone. Le risque n’est pas la vidéo. C’est le malentendu après : « je pensais que c’était pour une seule publication », « je ne savais pas que vous en feriez une publicité pendant un an », « vous n’avez jamais payé le solde ». Un brief d’une page et un contrat clair évitent l’essentiel.

Cet article n’est pas un conseil juridique. Il lit l’ordonnance sur le droit d’auteur et la loi sur le commerce électronique, note ce qui est incertain, et vous donne un modèle à faire relire par un juriste.

Partie 1 : le brief (ce que vous voulez)

Un brief qui tient sur une page, avec ces lignes :

LigneExemple (inventé)
Produit et message clé« Gourde isotherme, garde l’eau fraîche toute la journée d’école »
FormatVertical 9:16, 20 à 30 secondes, français ou darija
À inclureProduit visible dans les 3 premières secondes, la mention « Publicité » ou « Partenariat rémunéré », un appel à l’action
À éviterAllégations de santé, résultats garantis, comparaison avec une marque nommée, musique sans licence
LivrablesNombre de vidéos, fichiers bruts oui ou non, sous-titres oui ou non
DatesPremière version, vos retours, livraison finale
RévisionsNombre de tours inclus (par exemple 2)
ValidationQui valide, dans quel délai

La ligne « à éviter » n’est pas décorative. Si la page de votre produit fait des promesses que Meta n’autorise pas, voyez pourquoi Meta rejette des publicités avant de briefer qui que ce soit.

Partie 2 : le contrat (droits et paiement)

Droits : ce que dit l’ordonnance

L’ordonnance 03-05 relative aux droits d’auteur et aux droits voisins (Journal officiel n° 44 de 2003) donne ces règles :

  • Les droits moraux ne se vendent pas et ne se renoncent pas (art. 21). Le créateur peut exiger la mention de son nom ou pseudonyme (art. 23) et le respect de l’intégrité de son œuvre. Pour un artiste interprète, l’art. 112 donne des droits semblables sur sa prestation. Le contrat doit donc dire si vous le citez, et que vous ne modifierez pas le contenu de façon à changer son sens.
  • Une cession de droits patrimoniaux doit être écrite (art. 62).
  • Elle doit indiquer la nature des droits, les conditions économiques, la forme d’exploitation, la durée et le territoire (art. 64). Si l’un de ces points (sauf le territoire) manque, l’auteur peut demander l’annulation de la cession. Si le territoire manque, vous êtes réputé avoir les droits pour l’Algérie seulement, le pays où vous êtes établi.
  • Seuls les usages listés sont couverts (art. 72). Des publications organiques ne sont pas des publicités payantes. Une nouvelle plateforme ou une durée plus longue exige un avenant écrit.
  • Pas de cession d’œuvres futures (art. 71) : n’écrivez donc pas « tous les contenus que le créateur fera un jour ».
  • Vous ne pouvez pas passer les droits à un tiers sans l’autorisation expresse du créateur (art. 70), qui peut être donnée dans le contrat. Si une agence diffuse vos publicités, nommez-la dans le contrat.
  • L’art. 20 ajoute une subtilité : quand une œuvre est créée dans le cadre d’un contrat d’entreprise, celui qui l’a commandée est titulaire des droits d’auteur, dans le cadre de la finalité de l’œuvre, sauf stipulation contraire. Nous ne pouvons pas dire si une commande UGC relève de cet article, d’où un modèle qui détaille tout.
  • Droit à l’image : celui qui subit une atteinte illicite à des droits inhérents à sa personnalité peut en demander la cessation et la réparation (Code civil, art. 47). Le modèle limite l’usage de l’image et de la voix du créateur aux usages du tableau, et exige le consentement écrit de toute autre personne qui apparaît.

Paiement : un point que beaucoup de modèles oublient

L’art. 65 fait de la rémunération proportionnelle aux recettes la règle, avec un minimum garanti, et n’admet le forfait que dans des cas listés. Un prix fixe par vidéo est courant en pratique pour l’UGC, mais les cas listés ne couvrent pas de façon évidente une vidéo publicitaire, et l’art. 66 permet à l’auteur de demander une révision si le forfait est manifestement trop bas par rapport au profit (action possible pendant 15 ans). Faites relire la clause de paiement par un juriste, et évitez un prix si bas qu’il invite au litige. Écrivez le montant, l’échéancier (par exemple acompte et solde), le moyen de paiement et le délai après facture.

Règles de publicité

La loi 18-05, art. 30, impose que toute publicité ou message promotionnel envoyé par voie électronique soit clairement identifiable comme commercial, identifie la personne pour le compte de laquelle il est fait, ne porte pas atteinte aux bonnes mœurs ni à l’ordre public, indique clairement tout rabais, prime ou cadeau, et ne présente pas de conditions trompeuses ou ambiguës. La publication du créateur qui promeut votre produit doit donc porter une mention claire, et vous ne devez pas lui demander de répéter une allégation que vous ne pouvez pas prouver. La Bibliothèque publicitaire de Meta recense les contenus de marque portant l’étiquette de partenariat rémunéré : cette étiquette est donc visible de quiconque étudie votre page, voyez la méthode de la Bibliothèque publicitaire. Les règles complètes pour les vendeurs en ligne sont dans la liste de contrôle de la loi 18-05.

Télécharger le modèle

Le modèle comprend les deux parties : A, le brief, et B, le contrat (objet, prix, tableau des droits avec formes d’exploitation, durée, territoire et exclusivité, droits moraux et image, garanties, conformité publicitaire, résiliation). C’est un modèle : remplacez ce qui est entre crochets et faites-le relire par un juriste.

Points pratiques pour les deux côtés

Ce que nous n’avons pas pu confirmer

  • Les modifications ultérieures de l’ordonnance 03-05.
  • Si un créateur UGC est auteur, interprète ou les deux pour une vidéo donnée, et si une commande relève de l’art. 20 ou de l’art. 62.
  • Si un forfait pour une vidéo publicitaire entre dans un cas de l’art. 65.
  • Si l’art. 47 du Code civil est la bonne base pour le droit à l’image en publicité, et comment l’art. 30 de la loi 18-05 s’applique à la chaîne personnelle d’un créateur.
  • La rédaction arabe des clauses du modèle doit être relue par un locuteur natif.

Sources et vérification

9 points vérifiés sur les textes, 1 encore à confirmer.

Sources consultées

Voir le détail point par point
  • Vérifié Ordonnance 03-05, art. 21 : l’auteur a des droits moraux et patrimoniaux sur l’œuvre ; les droits moraux sont inaliénables, imprescriptibles et ne peuvent faire l’objet de renonciation. Art. 23 : l’auteur peut exiger la mention de son nom ou pseudonyme sur les supports appropriés de l’œuvre.
  • Vérifié Art. 62 : la cession des droits patrimoniaux de l’auteur doit être consentie par contrat écrit. Art. 64 : elle peut être totale ou partielle et doit indiquer la nature des droits cédés, les conditions économiques, la forme d’exploitation, la durée et l’étendue territoriale ; une cession qui ne précise pas l’un de ces points (sauf le territoire) peut être annulée sur simple demande de l’auteur ; à défaut de territoire, la cession vaut pour le seul pays où le cessionnaire a son siège.
  • Vérifié Art. 70 : le cessionnaire ne peut transférer les droits à un tiers qu’après autorisation expresse de l’auteur, qui peut être donnée dans le contrat ; cela n’empêche pas le cessionnaire d’organiser l’exploitation normale de l’œuvre avec des tiers. Art. 71 : la cession globale d’œuvres futures est nulle. Art. 72 : la cession est limitée aux modes d’exploitation prévus au contrat et ne peut être étendue par analogie ni à des modes inconnus à la conclusion du contrat.
  • Vérifié Art. 65 : la rémunération d’une cession à titre onéreux est en règle générale proportionnelle aux recettes d’exploitation avec un minimum garanti ; le forfait est admis dans des cas listés (recettes non déterminables avec précision, apport à une œuvre plus large, élément accessoire, commandes pour un journal ou périodique, titulaires de droits résidant à l’étranger ou usagers à l’étranger). Art. 66 : si le forfait convenu est manifestement inférieur à une juste rémunération par rapport au profit tiré de l’exploitation, l’auteur peut demander la révision, pendant 15 ans à compter de la cession.
  • Vérifié Art. 20 : lorsque l’œuvre est créée dans le cadre d’un contrat d’entreprise, la personne qui l’a commandée est, sauf stipulation contraire, investie de la titularité des droits d’auteur, dans le cadre de la finalité pour laquelle l’œuvre a été réalisée.
  • Vérifié Art. 109 et 112 : l’artiste interprète autorise, aux conditions fixées par contrat écrit, la fixation et l’usage de son interprétation, et jouit de droits moraux sur sa prestation (mention, intégrité).
  • Vérifié Code civil, art. 47 : celui qui subit une atteinte illicite à des droits inhérents à sa personnalité peut en demander la cessation et la réparation du préjudice.
  • Vérifié Loi 18-05, art. 30 : toute publicité, promotion ou message commercial par voie de communications électroniques doit être clairement identifiable comme tel, identifier clairement la personne pour le compte de laquelle il a été conçu, ne pas porter atteinte aux bonnes mœurs et à l’ordre public, indiquer clairement tout rabais, prime ou cadeau, et ne pas présenter de conditions trompeuses ou ambiguës.
  • Vérifié La Bibliothèque publicitaire de Meta inclut les contenus de marque publics portant l’étiquette de partenariat rémunéré sur Facebook et Instagram.
  • À vérifier Non tranché : les modifications ultérieures de l’ordonnance 03-05 ; si un créateur UGC est auteur, interprète ou les deux pour une vidéo donnée ; si la commande d’une vidéo UGC est un contrat d’entreprise (art. 20) ou une cession (art. 62) ; si un forfait pour une vidéo publicitaire entre dans un cas de l’art. 65 ; si l’art. 47 du Code civil est la bonne base pour le droit à l’image en publicité ; comment l’art. 30 de la loi 18-05 s’applique à la chaîne personnelle d’un créateur. La rédaction arabe des clauses du modèle doit être relue par un locuteur natif.

Journal des corrections

  • : Première publication.

Information générale, pas un conseil juridique ou fiscal. Les textes peuvent changer : reportez-vous à la date de contrôle.

Confirmer auprès de la source officielle

Coordonnées publiées par les organismes eux-mêmes, relevées le 28 octobre 2026. Avant d’agir, appelez ou écrivez pour confirmer le point qui vous concerne, et gardez la réponse par écrit.

  • Ministère du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national